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Savez-vous vraiment ce qui compte dans votre chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur, et jusqu’où vous pouvez aller sans changer de statut ? Bien maîtriser son chiffre d’affaire auto-entrepreneur est pourtant essentiel pour piloter son activité sereinement, éviter les dépassements de seuils et remplir ses déclarations sans stress. Dans cet article, nous revenons sur toutes les questions que vous rencontrerez à ce sujet.

Comment calculer son chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur ?

Le chiffre d’affaires correspond à l’ensemble des sommes encaissées au cours d’une période donnée, en contrepartie des ventes ou des prestations réalisées. Contrairement à d’autres statuts, l’auto-entrepreneur raisonne en encaissements réels et non en factures émises : seule la date à laquelle le client paie compte, pas celle de la facture.

Ce chiffre d’affaires s’entend hors taxes (HT) lorsque l’entrepreneur est soumis à la TVA, et correspond aux sommes brutes perçues, avant déduction des charges. Aucune charge professionnelle (matériel, déplacements, abonnements) ne vient réduire ce montant : c’est tout l’intérêt, mais aussi la limite, du régime micro-fiscal, qui applique un abattement forfaitaire plutôt qu’une déduction réelle des dépenses.

Quels sont les plafonds de chiffre d’affaires à respecter en tant qu’auto-entrepreneur ?

Le régime de l’auto-entrepreneur reste soumis à des plafonds annuels de chiffre d’affaires, révisés tous les trois ans. Pour les années 2026 à 2028, ces seuils s’établissent ainsi :

  • 203 100 € pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement ;
  • 83 600 € pour les activités de prestations de services et les professions libérales relevant des BIC ou des BNC.

En cas d’activité mixte (vente et prestations de services), le plafond global à ne pas dépasser correspond au seuil le plus élevé, tandis que la part liée aux services ne doit pas dépasser le seuil qui lui est propre.

Un dépassement ponctuel n’entraîne pas de sortie immédiate du régime : une tolérance s’applique en général sur deux années consécutives avant un basculement automatique vers un régime réel d’imposition.

Quid du plafond de la franchise en base de TVA ?

En 2026, les seuils de la franchise en base de TVA restent fixés à :

  • 85 000 € pour les ventes ;
  • 37 500 € pour les services.

Au-delà, l’auto-entrepreneur doit facturer la TVA à ses clients, même s’il reste, par ailleurs, sous le plafond du régime micro-entrepreneur.

Comment déclarer son chiffre d’affaires ?

La déclaration se fait directement en ligne, sur le site de l’Urssaf pour la majorité des activités ou via la Chambre nationale des professions libérales pour certaines professions concernées. Deux options existent pour la périodicité de cette déclaration :

  • Une déclaration mensuelle, à effectuer chaque mois pour le chiffre d’affaires du mois précédent ;
  • Une déclaration trimestrielle, avec un rythme choisi dès l’immatriculation ou modifiable ensuite.

Même en l’absence totale d’activité sur la période, une déclaration à zéro reste obligatoire : l’oublier expose à des pénalités, même symboliques. C’est cette déclaration qui permet de calculer les cotisations sociales dues, calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, selon un taux qui varie en fonction de la nature de l’activité exercée.

Pour éviter tout oubli ou erreur de calcul, il est vivement conseillé (et même obligatoire) de tenir un livre des recettes à jour tout au long de l’année, en notant chaque encaissement au fil de l’eau plutôt qu’en fin de période. Cette rigueur permet non seulement de sécuriser ses déclarations, mais aussi d’anticiper l’approche d’un seuil de chiffre d’affaires avant qu’il ne soit trop tard pour ajuster son organisation.

Enfin, gardez à l’esprit que le chiffre d’affaires déclaré sert aussi de base au calcul de vos futurs droits, notamment en matière de retraite ou d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. Une déclaration régulière et fiable n’est donc pas qu’une contrainte administrative : c’est aussi un moyen de sécuriser sa protection sociale sur le long terme, au même titre qu’un salarié qui cotise chaque mois. Prendre l’habitude de vérifier ses seuils dès le début de chaque exercice reste le meilleur réflexe pour piloter son activité en toute tranquillité.

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